Des personnes bien intentionnées à mon égard me disent dans l’oreillette que, créateur il y a une trentaine d’années d’une approche de thérapie collective (et individuelle) que j’ai appelée « Thérapie sociale« , je ne montre pas assez d’empathie pour ceux qui expriment par la violence terroriste ou fanatique leur souffrance et leur mal-être qui remonte probablement à une enfance mal vécue et que j’aggrave mon cas en faisant preuve d’essentialisation sur les décolonialistes gauchistes, l’islam d’aujourd’hui tel qu’il est transmis dans des quartiers, des réseaux sociaux ou des mosquées, les « jeunes » de banlieue, les sans-papiers migrants, les mineurs non accompagnés, auteurs de violence dans les quartiers, les rues, les transports, contre les policiers ou simples citoyens au hasard des rencontres et des échanges.
Il y a maldonne sur ce qu’est cette approche de thérapie sociale que je défends et pratique depuis de nombreuses années, ici et là, dans les milieux les plus divers, dans les situations de guerre civile en prévention ou en réconciliation mais aussi hier encore pour accompagner dans leur projet d’amélioration de leur vie commune au service des patients les cadres d’un grand hôpital.
L’objectif de la Thérapie sociale que je préconise et pratique n’est pas la paix ni une réconciliation illusoire
L’objectif de la Thérapie sociale que je préconise et pratique n’est pas la paix ni une réconciliation illusoire, mais la reconnaissance en commun dans la plus grande diversité d’informations possible sur la réalité en vue d’actions possibles pour alléger des situations de souffrance dont les origines sont complexes, mal connues ou expliquées de façon manichéenne.
Mes prises de parole publiques dans tel ou tel média ne représentent pas l’exercice de la thérapie sociale mais un point de vue personnel sur le réel acquis après de très nombreuses expériences à l’écoute des groupes les plus divers.
La thérapie sociale elle-même n’est pas neutre mais elle ne cherche pas à diriger les personnes et les groupes vers un avis qu’elle a déterminé sur le réel. Elle crée un cadre et un processus suffisant pour que des personnes parviennent à s’exprimer avec le plus d’authenticité possible sur leur propre expérience en étant éventuellement en confrontation conflictuelle et agressive avec d’autres, l’objectif étant la sortie de l’impuissance et la reconnaissance du réel dans sa complexité ou non.
Elle entre ainsi elle-même en confrontation avec des approches thérapeutiques, idéologiques ou religieuses dont l’objectif est de formater les individus en vue d’une prise de pouvoir de type totalitaire sur leur liberté de conscience, de pensée et d’expression.
Elle fait une distinction très claire entre les individus, de toutes origines sociales ou confessionnelles qui veulent changer des situations douloureuses pour eux-mêmes et leurs familles et les doctrines totalitaires qui s’opposeraient à leur liberté et pourraient même vouloir empêcher un jour cet exercice de la Thérapie sociale.
© Charles Rojzman
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