
Dans la présentation de Mes mains, pleines de sang, le journaliste et écrivain Claude Askolovitch écrit : « notre nom est devenu celui d’un crime ». En faisant entrer le nom juif dans le vocabulaire du crime, il transforme une appartenance en chef d’accusation. Il offre ainsi à la culpabilisation collective des Juifs l’autorité d’un aveu. Pierre-André Taguieff a analysé le mécanisme de l’inversion victimaire : les Juifs sont représentés comme des agresseurs, et leurs persécuteurs peuvent se donner pour leurs victimes. Dans la propagande antijuive, la nazification d’Israël pousse ce retournement jusqu’à faire des victimes du nazisme les nouveaux bourreaux. La mémoire de la persécution devient une pièce à charge contre ceux qui la portent. Les morts eux-mêmes sont enrôlés contre les vivants.[2]
L’inversion change le statut de la haine. Si tant de gens vous haïssent, vous devez bien y être pour quelque chose. L’antisémite devient un effet dont le Juif serait la cause. Au Juif de rendre compte de celui qui le menace ; au persécuté de corriger ce qui provoquerait son persécuteur. La haine obtient des circonstances atténuantes. Sa cible reçoit une obligation de repentir.
C’est ici qu’Alain Soral entre dans la démonstration. Cet idéologue d’extrême droite a fait de l’antisémitisme un ressort central de son discours. Dans un de ces entretiens il demande à un correspondant juif de dénoncer des Juifs qui déshonoreraient le judaïsme, les désignant comme les « premiers fourriers de la remonté de l’antisémitisme ». La distinction entre bons et mauvais Juifs appartient au dispositif. Les premiers doivent accuser les seconds pour prévenir une haine dont ces derniers seraient responsables. L’antisémite s’installe en arbitre du judaïsme respectable.[3]
Soral formule l’accusation de l’extérieur. Askolovitch, lorsqu’il engage le nom juif dans le crime, lui donne la forme d’un aveu. Son identité fournit au réquisitoire une caution dont Soral ne dispose pas. L’accusation change de voix et gagne en crédit : puisqu’un Juif la reprend, elle pourrait passer pour une vérité reconnue par ceux qu’elle vise.
L’intervention récente de Ségolène Royal sur un plateau de télévision montre comment cette logique se présente sous le vocabulaire de la lutte contre l’antisémitisme. Elle appelle des voix juives à dénoncer la politique israélienne pour freiner la haine antijuive. Elle récuse l’amalgame avec les Juifs en général, mais leur assigne la tâche de le désarmer. Aux Juifs de prouver qu’ils ne sont pas ces Juifs-là. Soral désigne les mauvais Juifs ; Ségolène Royal sollicite les bonnes voix juives ; Askolovitch apporte la confession.[4]
L’antisémitisme a reproché aux Juifs leur séparation aussi bien que leur assimilation, leur faiblesse aussi bien que leur puissance, leur absence de patrie aussi bien que leur souveraineté. Ses griefs se contredisent ; sa cible demeure.
Pour qui cherche à être admis en se démarquant des autres Juifs, reprendre l’accusation devient le prix de l’acceptation. La dénonciation des siens vaut brevet d’indépendance ; l’identité juive authentifie le réquisitoire dont on cherche à être exempté. C’est sous cet angle que la posture d’Askolovitch doit être jugée : comme une candidature au club des bien-pensants, où la mise en accusation des siens sert de certificat de respectabilité médiatique.
Ce marché laisse au public le pouvoir de départager les bons des mauvais Juifs. Le bon Juif condamne, se désolidarise, confirme le jugement attendu. Mais il lui faut constamment renouveler son certificat de conformité. La confession ne le libère pas du tribunal : elle lui procure une place à côté du procureur.
La toxicité de cette parole se mesure à ce qu’elle accomplit. Quand Askolovitch fait du nom juif celui d’un crime, il donne à l’accusation collective l’autorité de son propre nom. Son aveu déborde sur ceux qui n’ont rien avoué. Il les compromet sans les représenter, puis tire de cette mise en accusation le prestige d’une conscience supérieure.
La capitulation morale d’Askolovitch consiste à reconnaître au tribunal de l’appartenance le droit de juger les Juifs collectivement. Le principe abandonné est fondamental : chacun répond de ses actes, personne n’a à répondre de la haine qui vise son peuple. En faisant du nom juif celui d’un crime, il accorde une autorité morale à l’accusation collective. La haine devient un avertissement que les Juifs devraient entendre, leur identité une dette qu’ils devraient acquitter. Celui qui se présente comme la conscience blessée de son peuple devient le greffier de son accusation.
Dans cette convergence de fait, Askolovitch remplit la fonction de l’idiot utile : il fournit à l’accusation la caution d’une voix juive. Nul besoin de concertation. Soral rédige le réquisitoire ; Askolovitch lui apporte ce qui lui manquait : un aveu juif faisant office de cachet notarial.
Ses mains sont pleines d’encre rouge : celle qui paraphe le réquisitoire de Soral.
***
[1] Claude Askolovitch, Mes mains, pleines de sang, présentation signée C. A., Grasset, 2026. Source
[2] Pierre-André Taguieff, « Un exemple d’inversion victimaire : l’accusation de meurtre rituel et ses formes dérivées », Argumentation et Analyse du Discours, no 23, 2019 ; entretien avec AJC France, 20 août 2021. Source
[3] Alain Soral, entretien de février 2012, Égalité et Réconciliation, 28 février 2012. Orthographe de la citation conforme à la transcription. Source
[4] Ségolène Royal, débat sur LCI, 23 septembre 2026. Propos et contestation de l’amalgame rapportés par l’AFP, 24 septembre 2026. Source
Daniel Horowitz

« Le bon, la brute et le truand ». Le bon : c’est le Juif qui se doit de condamner Israël; la brute : c’est le soldat de Tsahal ; le truand, c’est le banquier juif. Avec des Juifs comme Askolovitch, nos ennemis sont des petits à côté.
Quand la haine de soi et le retour à la lumière fait dire des inepties
« La haine de soi » n’est rien d’autre que le semblant d’argument que l’on brandit quand on n’a strictement rien à dire.
Pour ce qui est du « retour à la lumière », il va falloir attendre longtemps aussi bien du côté du Hamas avec ses tunnels que du côté du gouvernement israélien où un ministre, Ben Gvir pour ne pas le nommer, a dit très exactement** (je le cite): » À Gaza, il faut éliminer 30 à 40 personnes chaque nuit. Ils ne devraient pas vivre. Ce ne sont même pas des êtres humains » (sic). Les nazis n’auraient pas dit pire.
** ceci est très facilement vérifiable mais encore faut-il s’en donner la peine
Askolovitch qui crache sur Israël et traitre a son Peuple : rien d’étonnant sa vocation de Kapo est lointaine et prend tout son sens.
Lisez ici le commentaire de Michel Parat qui rappelle que la mère de C.Askolovitch était une rescapée de la Shoah . Autrement dit vous insultez Mr Askolovitch en le traitant de Kapo et ça c’est inadmissible.
Daniel Horowitz en osant avec son titre mettre sur le même plan Claude Askolovitch et l’antisémite Soral fait preuve d’une malhonnêteté absolument dégoutante.
En recopiant et instrumentalisant seulement la phrase » notre nom est devenu celui d’un crime « , Horowitz déforme totalement l’esprit du livre » Mes mains, pleines de sang » de Claude Askolovitch.
Ce dernier écrit ceci:
» Je suis ce nom, juif, qui fut celui des prophètes et des martyrs, et qui est désormais le malheur de la Palestine. Le fascisme me regarde. Viens-tu, petit juif, te réfugier chez moi? Désormais nous sommes responsables de nos actes, responsables comme jamais, quand le monde entier nous juge et notre nom est devenu celui d’un crime. Comment répondons-nous? Nous serons un peuple libre quand nous aurons regardé et nommé, quand nous aurons chassé le fascisme de nous-mêmes « .
Mille fois Bravo, Mr Askolovitch, pour ce que vous écrivez !
Notre nom est de ent celui de crime
Pas d’amalgame
Il devrait parler seulement en son nom mais pas au nom des juifs
Que veut il dire par la nous associer à sa haine de soi?
Admin TJ est en plein délire paranoïaque.
Nulle part je n’ai vu écrit l’expression « haine de soi » dans les écrits de Claude Askolovitch ou bien ici dans le texte de D.Horowitz
C’est une métaphore évidemment que ça n’est pas écrit
Pfff ! Stupide ! On n’argumente pas avec des métaphores mais en se référant au réel, à ce qui existe, aux choses de la vie concrètes.
@Admin triBRUNE « Juive »
Quand on connaît un minimum l’histoire de Claude Askolovitch et en particulier celle de sa mère qui est une rescapée de la Shoah, je trouve indécent et totalement déplacé de laisser entendre ici qu’il aurait « la haine de soi ». Écrire pareille ignominie, c’est afficher du mépris a son égard ce qui est intolérable.
« ..Mille fois Bravo, Mr Askolovitch, pour ce que vous écrivez »..Pouvez vous argumenter et m’expliquer les raisons précises pour lesquelles vous remercier Mr Askolovitch? Car je ne comprends pas en ce jour souvenir du 7 octobre ou tant des nôtres ont été massacrés pourquoi parler de « fascisme »?
La bien pensance préfère donner du grain à moudre à nos ennemis
Sortir un tel livre à la veille du 7 octobre c’est vouloir à nouveau exister de la manière la plus moche
Mais le mot « fascisme » s’applique aussi bien aux criminels antisémites -et non pas antisionistes- du Hamas qui ont tué 1200 juifs israéliens le 7 octobre 2023 qu’au gouvernement de Netanyahou dont l’objectif est de raser la population de Gaza ; je rappelle que son ministre Ben Gvir a dit très précisément ceci: »À Gaza, il faut éliminer de 30 à 40 personnes chaque nuit. Ils ne devraient pas vivre. CE NE SONT MÊME PAS DES ÊTRES HUMAINS « .
Je suis sidéré par ces Juifs qui trahissent leur peuple.
encore une fois gw GODLNADEL l avait justement dans son livre après le 7OCTOBRE
personnellement n étant pas de religion juive ce n est pas à moi de juger les juifs qui renient leur compatriotes par contre je peux me permettre de dire que Ségolène Royal devient parfaitement débile ou gaga difficile de décider qu elle s occupe de ses affaires et reste chez elle et évite de dire des âneries Non elle ne reviendra pas au gouvernement quel qu il soit a la niche cette dame et vive ISRAËL
et Algérie est une dictature, 🇮🇱🇮🇱🇨🇵🇨🇵
Madame Ségolène Royal cherche à tout prix à acheter une place dans le prochain gouvernement elle est prête à tout même à reprendre les thèses de LFI
Par la même elle dit de telles bêtises qu’il vaut mieux plus l’écouter
» Écrire c’est lever toutes les CENSURES »
C’est ce que je fais là ; j’écris
JE NE CRAINS PAS MES CENSEURS ! SOUS LE RÉGIME DE VICHY, JE LEUR AURAIS ÉCRIS EXACTEMENT LA MÊME CHOSE