
« Comme d’habitude le problème, ce sont les gens qui ne voient pas le problème. A Avignon au Moyen-Age, le pape faisait gifler un israélite en place publique pendant la semaine sainte. Aujourd’hui les artistes locaux font des fresques et la mairie a considéré dans un premier temps que cela relevait de la « liberté d’expression ». On a l’air con et moraliste quand on ose rappeler que l’antisémitisme n’est pas une opinion. »

J’ai qu’une peur, c’est que l’algorithme d’Instagram ne comprenne pas que mon dessin dénonce l’antisémitisme et ne le promeut pas. On est dans le monde où l’on peut faire des fresques antisémites à Avignon mais où les réseaux sociaux bloquent les vannes à ce sujet.

Les commentaires twitter au sujet de la fresque d Avignon sont ahurissants.

© Joann Sfar
Dernier ouvrage paru: Comment maigrir
« C’est parce que Joann Sfar peine à dessiner qu’il reprend l’écriture de ses carnets. Il fait d’ailleurs un pacte avec lui-même : dessiner dès qu’il aura envie de prendre son téléphone. Et ça fonctionne, bien mieux que son régime ! Durant l’épidémie de Covid, il se dévoile ainsi dans sa vie personnelle comme professionnelle. Mais loin de n’être qu’un journal de l’intime, son carnet est avant tout une réflexion toujours renouvelée sur la société, la religion, la famille, l’art, la musique… À travers ses pensées couchées sur le papier, ses croquis pris sur le vif, Joann Sfar dit comme personne nos questionnements, nos doutes, nos angoisses… Ses dessins laissent une trace, ils sont le « souvenir qu’en telle année nous vivions telle chose, chacun dans nos vies différentes mais synchrones ». »