
Zemmour est candidat à l’élection présidentielle. Ses propos et programmes suscitent des opinions divergentes & animées. Il participe à des débats politiques télé et radiodiffusés. Il y fait presque toujours l’objet de deux infractions de la part des journalistes. La première révèle l’absence de l’exercice de modération. La seconde relève de l’abus de fonction de la profession de journaliste.
Sur l’absence de l’exercice de modération
Dans la plupart des débats diffusés jusqu’à présent et auxquels il participe, Zemmour fait l’objet d’injures, d’insultes et de déshumanisation lancés par ses contradicteurs. Les termes utilisés à ces fins ne laissent aucun doute sur la haine qu’ils expriment. La violence de ton et de mots infligés à Zemmour sont exclusifs à sa personne et à sa candidature.
Or, les journalistes ne procèdent in situ à aucune réaction de modération, de rappel à la dignité des débats ni même de rappel à l’ordre démocratique. Ils se contentent, parfois, et tout au plus, de demander aux débattants de ne pas se couper la parole, ce qui accentue encore un peu plus l’iniquité et l’inégalité des débats.
Nul doute que ce genre de réaction oblique constitue un encouragement à l’insulte contre Zemmour.
Ces journalistes abandonnent la plénitude de leurs prérogatives qui serait nécessaire au bon déroulement de ces débats. En revanche, ils les dépassent par leurs prises de positions qui font d’eux (les modérateurs) des contradicteurs illégitimes et supplémentaires.
Abus de fonction de la profession de journaliste
Les journalistes sont soumis à leur déontologie. Ils ne doivent exercer leur fonction que dans son cadre. Tout dépassement de leurs prérogatives professionnelles constitue une infraction de droit et de déontologie.
Les journalistes peuvent poser des questions de nature offensives, suggestives, instigatrices ou complaisantes aux candidats. Ils peuvent commenter les réponses des candidats dans un cadre et un moment séparés du lieu et du temps du débat.
Ils ne peuvent débattre avec le candidat sans commettre deux fautes. La première est la confusion illégitime du rôle de journaliste et de celui de débatteur. Le second est le viol de l’impartialité des conducteurs des débats par leur participation et leur agrégation à l’opinion du contradicteur.
Le comportement déviant et infractionnel des journalistes dans la plupart des débats avec Zemmour procède d’une comptabilité de temps et d’idées qui sont contraires à l’équité des débats.
Dans ces conditions, l’absence de réaction à ces anomalies sont consternantes et inquiétantes s’il n’y est pas paré.
Quid des réactions ?
La France est supposée représenter une démocratie audiovisuelle. Il n’est de démocratie sans contrôles, contre-pouvoirs et réactions. Ils sont en France nombreux … et inactifs.
Le Conseil-Supérieur-de-l ’Audiovisuel (CSA)
Le CSA a en charge, notamment, l’initiative et la réception des plaintes relatives aux manquements et aux règlements d’équité. Il régit le décompte électoral des expressions politiques. Il réagit souvent et fréquemment. Quelles raisons peut-il invoquer à l’inanité, à la passivité, à l’indifférence que lui suscitent manifestement les infractions relevées contre le candidat Zemmour ?
N’importe quel audit qu’aurait (déjà) dû livrer le CSA atteste que le traitement infligé à Zemmour est, sinon unique, du moins singulier et anormal.
Les organismes professionnels
En dépit de dérapages déontologiques, manifestes et répétés, les organismes professionnels français de journalistes ne réagissent pas plus.
Les candidats concurrents
Aux noms du droit des gens, de l’égalité de traitement et de la dignité de la personne humaine, les concurrents politiques de Zemmour s’honoreraient et honoreraient la fonction de candidat en dénonçant les incartades subies par Zemmour dans le déroulement défectueux de la candidature audiovisuelle.
Réactions aux violences verbales contre Zemmour
Le candidat Melenchon a identifié en télévision au moins deux fois Zemmour à un chien. Lors de l’émission « Face à Baba » (C8) du 27 janvier 2022, il a ainsi invectivé Zemmour: « … A la niche. La paix, le chien… «
Le 1er mars 2022, lors de l’émission « Face à la guerre » (TF1), à la fin de son temps de parole, Mélenchon, laissant à Zemmour le plateau, ironisait : « Il y a monsieur Zemmour, il va me mordre. »
L’utilisation de terme (chien) et de comportement canin (mordre) n’ont suscité aucune réaction de la part des politiques et journalistes qui expriment partout leur ferveur de voir respecter la dignité animale.
Ni le parti animalier, ni le journaliste pourfendeur des droits des animaux Amayric Caron n’ont réagi. Il est vrai que ce dernier avait lors de la même émission (C8) contesté en public à Zemmour la qualité d’humain.
Quant à Mélenchon, qui n’en n’est pas à une diatribe près, il a bien usité à au moins deux reprises le mot et le concept canins à des fins d’injures personnelles à l’endroit de Zemmour. Tout ce petit monde accepte l’indignité animale au service de la déshumanisation de l’être humain Zemmour.
Zemmour
Enfin, il est surprenant que Zemmour et ses équipes dont les langues acérées ciblent quantités de sujets ne réagissent pas plus que cela aux immondices subis.
Zemmour est déshumanisé, rudoyé, insulté, une fois de plus et plusieurs fois, en direct, sur des plateaux de télévision, par des contradicteurs haineux qui sortent du débat électoral et par des journalistes agressifs qui sortent de leur fonction.
Il n’a jusqu’à l’heure saisi ni le CSA, ni pour exemple, le chef de l’Etat, garant des droits constitutionnels et du bon fonctionnement électoral. A sa décharge, il convient de noter avec espoir que lors du dernier débat en date (Elysée2022-FRANCE 2), il a menacé d’assigner son contradicteur écologiste Jadot qui se permettait avec tant de malhonnêteté jusqu’à prévoir et préjuger de décision judiciaire contre lui!
L’ampleur de la haine électorale se dissout dans la normalité politique française en y accoutumant un public désabusé et abusé. Cette accoutumance est endurante et périlleuse. Chacun, en démocratie, est libre et responsable de ses actes. L’image que la France électorale et audiovisuelle diffuse actuellement peut être libre. Elle est irresponsable.
© Pierre Saba