Tribune Juive

Zemmour Candidat

Éric Zemmour : « Je suis candidat à l’élection présidentielle »

L’Ifop publie une étude sur la «zemmourisation des esprits». Si les idées d’Éric Zemmour trouvent écho dans la société française, le polémiste souffre d’un déficit de crédibilité, selon François Kraus, directeur du Pôle vie Politique de l’Institut de sondage.

Cette étude est commanditée par la LICRA et le Droit de Vivre (journal de la Licra depuis 1932), qui refusent d’adopter la posture de déni des Démocrates américains, lors de la montée en puissance du Trumpisme, en 2016. Il s’agit donc de tenter d’analyser l’écho et l’influence du Zemmourisme dans la façon de pensée de l’opinion publique française.

Selon F. Kraus, le national-souverainisme, regroupant Zemmour-Le Pen-Dupont-Aignant et Philippot, capte 1/3 des intentions de vote au premier tour. Cet électorat s’aligne sur les thèmes fondamentaux : insécurité, immigration, islamisme, communautarisme…

5000 Français ont été interrogés, on pas sur ses intentions de vote, mais sur le fond de leur pensée à propos de ces sujets. Les thèmes identitaires et sécuritaires reçoivent un fort écho, y compris dans l’électorat traditonnellement de centre-gauche (ou « Macroniste »). L’impuissance judiciaire face à la délinquance concentre 82% des réponsesc fustigeant le « laxisme » généralisé des Juges. 63% des Français sondés « ne se sentent en sécurité nulle part » en France, soit 13% deplus qu’il y a dix ans.

Le sentiment d’insécurité généralisé est partagé par 49% des potentiels macronistes et 48% des électeurs des autres partis de gauche, dont la gauche radicale (mélenchoniste), confirmant la nouvelle posture communiste pour le retour au discours sécuritaire (Roussel).

L’intéret pour Zemmour culmine dans sa dénonciation sans ambage sur la part de l’immigration dans la délinquance et l’insécurité. La thèse du Grand Remplacement (Renaud Camus, 2014) est considérée vraie par 50% du public, toutes tendances politiques confondues.

Il n’y a plus aucin tabou quant au fait que l’immigration serait la principale cause de l’insécurité, pour 62% de l’électorat, un sujet propre au discours zemmourien. 55% pensent qu’il est logique de contrôler les jeunes Noirs et arabes, puisqu’ils seraient « les principaux trafiquants » (cvondamnation de Zemmour sur ces propos tenus sur Canal + en 2010).

Le rejet de l’Islam comme menace pour l’identité de la france est très élevé, à 68%.

57% des Français se considèrent de « Race Blanche, de Religion Chrétienne et de culture gréco-romaine ».

La droite dite « radicale » aurait donc apparemment gagné la « bataille des idées ».

Il s’agirait, cependnant, du’ne victoire en trompe-l’œil : d’abord Zemmour bénéficie de la vulgarisation des idées des Le Pen et n’est pas le seul à occuper ces positions.

(COMBO) This combination of pictures created on November 27, 2021 shows (L) a woman gesturing to French media pundit Eric Zemmour, then Zemmour gesturing her, as he leaves in his car after a visit in Marseille, southern France, on November 27, 2021. – (Photo by Nicolas TUCAT / AFP)

Ensuite, il est isolé sur le plan politique et ne rassemble pas de semblant de parti politique, ni groupements de perosnnalités influentes susceptibles de faire basculer cette bonne opinion vers l’organisation d’une coalition de gouvernement. Il demeure plus polémiste que « candidat ». On craint l’abaissement de la fonction avec des épisodes comme le doigt d’honneur de Marseille ou les polémiques de bas étage sur l’enfant que porterait sa conseillère, décrite comme sa maîtresse par Paris-Match, Closer et les grands titres de la « littérature people ou, selon les avis : de caniveau ».

Selon F. Kraus, les études démontrent une double tendance – apparemment contradictoire – au libéralisme sociétal d’un côté et à une demande de sécurité de l’autre. Or, avec ses combats d’arrière-garde sur les questions de mémoire (Vichy, loi Gayssot…) ou de société (homoparentalité, féminisme), il se met dans une situation « d’épouvantail » aux yeux d’un milieu intellectuel et médiatique très « crispé » sur ses libertés. Il apparaît en porte-à-faux avec les grandes tendan*c es sociétales françaises. Il est trop libéral pour l’électorat Le Pen -qui par conséquent, ne le rejoint pas sur ce point – et s’éloigne de la droite modérée par ses dérapages. Des affaires purement polémiques, comme celle des « Prénoms » le rendent « ultra-clivant » de façon gratuite.

C’est ce qui le rend particulièrement fragile, en vue d’une qualification pour le Grand Débat de Second Tour, alors qu’on l’apprécie comme polémiste, mais qu’il peine à entraîner les masses qui, pourtant, lui sembleraient acquises par les grandes tendances de la pensée sociopolitique du moment.

©️ Sarah Cattan©️ Marc Brzustowski

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