Le regretté CABU assassiné par les terroristes qui avaient attaqué Charlie Hebdo avait inventé un personnage emblématique et antipathique qu’il appelait « mon beauf ». Ce beauf de CABU caricaturé à l’extrême incarnait tous les vices reprochés à l’extrême droite.
Raciste, misogyne, homophobe, violent, le beauf incarnait les pires dérives franchouillardes d’une extrême droite qui a toujours été vécue comme l’ennemi public N°1.
Face au beauf, CABU se dépeignait en jeune homme inoffensif et sympathique. Il était à craindre que CABU ait un jour des problèmes avec l’extrême droite mais, ironie tragique de l’histoire, ce sont de lâches terroristes islamistes qui l’ont mis à mort.
Plus une planche de dessin n’illustre aujourd’hui le beauf depuis la mort de CABU et on peut se poser la question : le beauf d’extrême droite n’a-t-il pas été supplanté par le beauf antisioniste qui tire plus vite que son ombre ?
Il a suffi qu’une candidate miss France, April BENAYOUN fasse une bien anodine référence dans sa bio à son père « italo-israélien » pour déchaîner ce 19 décembre 2020 un ouragan de tweets antisémites et anti-israéliens d’une violence telle que la presse s’en est émue et que la LICRA décide de déposer plainte.
Il y a d’ailleurs fort à parier que c’est cet « aveu » de son origine partiellement israélienne qui a coûté le titre de miss France à celle qui est devenue malgré tout première dauphine.
Cette jeune fille française, étudiante, qui participait en toute innocence à un concours censé célébrer la beauté et l’universalisme de la jeunesse se retrouve ainsi confrontée à l’image sombre que renvoie aujourd’hui une partie de notre pays.
CABU qui avait perçu la dangerosité de la beaufitude a été tué aux cris « on a vengé le prophète » et c’est cette même beaufitude qui a refait surface dans cet anodin concours de beauté. Le fait « d’avouer » une simple ascendance israélienne a provoqué les tweets suivants entre autres « Tonton hitler ta oublier d’exterminer miss provence », « Miss Provence elle vient de perdre rien qu’en disant que son père venait d’Israël », « dites à Miss Provence que l’Israël n’existe pas, c’est la Palestine », « « Mon père est israélien » vous connaissez cette origine vous ? Parce-que moi non Israël n’est pas un pays «, « j’ai vu son blaze j’ai capter direct bahahhah ».
Ainsi donc malheureusement, lors de ce concours de miss France les railleries racistes d’essence nazie sur le « blaze », le nez d’une juive sont restées maîtres du terrain.
C’est la juive qui a été couverte d’opprobre et dont on parle de façon négative.
C’est la juive qui a perdu le concours quoi qu’on fasse.
La justice sera saisie mais la justice ne peut arriver qu’après la bataille.
Et une fois de plus la preuve évidente et magistrale nous est donnée du parallélisme immédiat entre la détestation d’Israël, l’antisionisme et la détestation des juifs, l’antisémitisme.
La France aura du fil à retordre avec ces nouveaux beaufs qui n’ont plus peur de rien.
Raphaël Nisand
Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.