Il l’avait tuée dans la nuit du 3 au 4 avril, pas n’importe où, pas n’importe comment, pas pour n’importe quelle raison : Sarah Halimi fut lynchée puis défenestrée au son de sourates récitées par son assassin, entré chez elle par effraction à 4 heures du matin pour tuer la shetan qu’elle était à ses yeux, ça s’est passé en plein Paris et pas en 1942 : Sarah Halimi mourut de la manière la plus barbare qui fût, parce qu’elle était juive, parce qu’elle était juive, seulement parce qu’elle était juive.
Sarah tomba morte aux pieds de policiers que le procès jugera le moment voulu.

Rappelez-vous : je vous avais dit qu’une fois la qualification aggravante d’antisémitisme serait retenue, je me retirerais, alors même que cette affaire m’obsèdera à vie, pour le silence médiatique qui l’entoura, pour le déni qu’à jamais elle symbolisera : je parle bien évidemment de la peur de tous de nommer le nouvel antisémitisme qui tua Sarah, vous savez cet antisémitisme version XXIème siècle, celui qui valut à Bensoussan d’être jugé, convoqué qu’il fut par le CCIF et consorts, mais aussi par la LICRA, pour avoir eu, lui, le courage de le nommer, écrivant que, dans le monde musulman, la haine du Juif était tétée au biberon dès l’enfance.
Alors que Daniel Zaguri rendit, comme la mort dans l’âme, son rapport d’expertise, après 5 longs mois d’analyse, – non, rien… -, un rapport de 60 pages où, comme acculé, il écrit à la page 54 qu’on ne saurait écarter le mobile antisémite mais qu’il se dédit presque dans la conclusion, n’osant répéter ce presque gros mot , et actant tout de même la non abolition du discernement de son client, eh bien hier soir, Francis Khalifat s’est vu confirmer par le Procureur Mollins que le Parquet allait demander à la Juge chargée de l’enquête que le caractère antisémite soit retenu, au vu de l’expertise et au vu des premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs.
Sarah. Nous devrions enfin crier victoire. Le monde entier saura que tu fus tuée en plein Paris, en 2017, parce que tu étais juive.
Nous, nous n’oublierons jamais. Nous ne t’oublierons jamais. Nous n’oublierons jamais ce qu’aura hélas révélé ton assassinat. Les lâchetés collectives, à force de prudence de mauvais aloi. Les compromissions. Le manque de courage. Jusqu’à notre rabbin qui, interrogé sur Radio Shalom dans 30 minutes pour convaincre, s’étrilla à répéter que lui, il faisait confiance aux magistrats et à la police. Jusqu’à la façon dont elle fonctionne, la justice d’aujourd’hui, les avocats apprenant les news par l’AFP, ou par un Président d’association, autorisés dès lors à parler de farce.
Allez, soyons positifs : Sarah, ton assassin sera jugé aux assises pour t’avoir tuée au regard de ta seule religion.
Sarah Cattan